L’Université Rennes 2, c’est bien plus qu’un lieu d’études. Dans chaque épisode de Plus qu’une fac, un ou une étudiante de Rennes 2 se confie sur ses choix, ses rencontres, ses peurs, ses envies… Sur ce moment de vie crucial où l’on commence à devenir soi-même. Formation, logement, engagement associatif et politique, etc. sont autant de thèmes abordés par le prisme de l’intime.
Dans cet épisode, c’est de nouveau Yaya qui se raconte. Si vous ne le connaissez pas encore, vous pouvez écouter la première partie de son témoignage dans l'épisode précédent. Doctorant en socio, il est aussi le président impliqué et apprécié de l'association des ressortissants sénégalais de Rennes, l’ARSER. Il nous parle aujourd’hui de ce que c'est de s’adapter à une vie à 5000 kilomètres de chez soi.
C’est une histoire du goût des autres, dans Plus qu’une fac, le podcast des voix étudiantes sur des choses importantes.
Musique du générique
Voix off : Dans cet épisode, c’est de nouveau Yaya qui se raconte. Si vous ne le connaissez pas encore, vous pouvez écouter la première partie de son témoignage dans l'épisode précédent. Doctorant en socio, il est aussi le président impliqué et apprécié de l'association des ressortissants sénégalais de Rennes, l’ARSER. Il nous parle aujourd’hui de ce que c'est de s’adapter à une vie à 5000 kilomètres de chez soi.
C’est une histoire du goût des autres, tout de suite, dans Plus qu’une fac.
Fin de la musique du générique
Yaya : Depuis que je suis là en 2021, je suis reparti à deux reprises, oui, deux reprises, c'est-à-dire chaque année j'essaie de partir là-bas et puis c'est longtemps, c'est deux mois, trois mois, quatre mois, voilà. Et souvent c'est comme ça, j'essaie de partir, de voir la famille. Je travaille aussi à côté parce que c'est dans le cadre de la thèse, c'est comme mon terrain, c'est là-bas. J'en profite, peut-être j'ai une semaine ou deux semaines avec la famille et puis avant de revenir.
Le fait d'être éloigné de ma famille est très compliqué, c'est très difficile, j'avoue que ce n'est pas facile, c'est un peu compliqué quand on est seul, et surtout dans une chambre entre les quatre murs, il n'y a rien surtout que moi, en dehors des études et de la vie associative, je ne sors pas, je ne bouge pas, c'est-à-dire ma vie privée, elle est quasi nulle quoi, je ne sors pas trop. Heureusement que je suis tout le temps en communication avec eux, notamment des soirs, je réserve ce temps pour eux, ma famille. Tous les jours je leur parle, des fois c'est matin et soir, mais de préférence les heures où on parle le plus, c'est le soir, le matin c'est souvent des messages, et le soir quand j'ai fini, on communique, avant que je me couche. Surtout que j'ai une certaine relation, une relation très forte avec ma maman, particulièrement, je parle avec maman avec papa, mais surtout avec maman, on discute de tout, tout, tout, tout, tout, tout, tout. Il n'y a pas de sujet tabou, on fait, voilà, tout quoi.
Je travaille à côté de ma thèse, je suis un peu obligé, parce que si tu ne le fais pas, tu ne t'en sors pas, et puis voilà, tout est lié quoi. Si socialement ça ne va pas, si financièrement ça ne va pas, psychologiquement ça va chuter. Même si on a beau être fort, après c'est un poids énorme sur la tête. C’est pourquoi on est obligé en thèse, comme là, je ne suis pas dans le cadre d'une thèse financée carrément, mais comme j'ai voulu travailler sur des sujets qui intéressent mon pays, c’était un peu difficile d'avoir le financement. C'est pourquoi je suis obligé de travailler. Et par rapport au travail en soi, c'est, je fais de l'agent de sécurité incendie. Ça veut dire que voilà, nous sommes là pour la prévention et puis voilà, des installations, mais aussi des personnes. Et puis je travaille beaucoup, beaucoup à l'hôpital Pontchaillou, c'est là que je travaille le plus. D'habitude je ne travaille pas en journée, je ne travaille pas en jour ouvré, mais comme c'est, voilà, des fois c'est un peu limite, tu es obligé de prendre certaines propositions, mais le plus moi je travaille le week-end. Ce travail aussi m'aide beaucoup parce que c'est des vacations longues, ça veut dire que tu commences le matin et tu descends le soir, ça veut dire que tu as le temps de faire, de maximiser quoi tes heures, et puis après derrière ça te permet les jours d'après d'être concentré, d'être focus sur le travail, la thèse.
Virgule musicale
J’ai eu la chance quand je suis venu, la personne qui m'a accueilli, c'est un Sénégalais, c'est lui qui nous a, qui est venu nous récupérer là-bas, à la gare pour nous déposer ici, à Villejean. Il était membre de l'association, j'aimais beaucoup ce milieu, facilement c'était facile de les connaître, et puis voilà, discuter avec eux, et puis voilà, d'essayer de participer à ma manière à l’assos’. Le président, il était aussi étudiant ici, j'ai appris à les côtoyer, à les connaître tous, et puis voilà, c'est devenu comme ça naturellement.
L'association a été créée pour aider, voilà, souvent les gens qui arrivent à mieux intégrer, à plus de solidarité, à plus d'entraide. Elle a été créée en 1980, voilà, vers les années 80, dès que c'est une association qui date, voilà, l'ARSER, et puis voilà, ce sont ses objectifs majeurs, voilà, l'entraide, la solidarité, voilà, l'intégration. Là, là, nous avons déjà une journée d'intégration, ça permet aux étudiants qui viennent d'arriver d'être intégrés, on essaie de les expliquer tout ce qu'il faut savoir à l'échelle de Rennes, les personnes qu'il faut contacter en cas de pépins, en cas de besoins, et puis dès que l'association est là, n'hésitez pas à venir vers nous, et si nous aussi on va aller vers vous, voilà, expliquer toutes les choses, tout ce qu'il faut, surtout quand on vient d'arriver, comment se comporter, voilà, il faut aller vers les gens, ne pas rester dans son coin, toutes ces choses-là, ça c'est la partie étudiante. De l'autre côté, souvent il y a des gens qui arrivent qui ne sont pas étudiants, on essaie de les aider à retrouver les anciens qui sont là, qui sont là depuis, et puis peut-être avec ces anciens, ils peuvent, voilà, on peut les aider à s’insérer professionnellement dans le tissu économique et social de Rennes, voilà, c'est en quelque sorte ce qu'on fait.
Quand on se confronte à des difficultés, on essaie de faire l'assistance, des fois avant de remonter le dossier au niveau du consulat, on essaie déjà dans un premier temps de faire l'assistance nécessaire, nous à notre niveau, et puis d'accompagner, d'écouter, nous sommes beaucoup aussi dans l'écoute et dans l'action, on écoute la personne, on essaie de voir comment on peut appuyer avec nos contacts par-ci par-là, et puis après dans un deuxième temps, on va essayer de remonter, si c'est un problème un peu compliqué, à l'autorité, au consulat qui est à Paris, parce que nous sommes sous la juridiction de Paris, mais souvent si c'est des problèmes financiers, souvent ça se règle, mais si c'est des problèmes juridiques, même dans l’association, il y a une personne chargée du volet juridique, mais on préfère souvent remonter souvent ça à Paris, parce que là-bas, c'est l'autorité qui parle et puis qui peut être bien écoutée par les autorités françaises aussi.
Virgule musicale
Je suis venu à ma première année parce qu'il faut savoir que quand on a certains avantages, il faut en voir, il faut, même si je ne pouvais pas en profiter, j'essayais à ma manière d'aider les gens. Comme à côté je ne travaillais pas, à côté j'étais focus sur les études, je me disais que j'avais un plus de temps qui me permettait d'être à l'écoute, d'être disponible pour mes compatriotes qui étaient là, qui étaient souvent des situations de précarité, ça permettait quand même de les aider, voilà, comme j'avais quelques petits trucs là à côté, je pouvais être disponible, l'accompagner, faire beaucoup de choses. Et puis c'est de là que j'ai dit, attends, mon ambition c'est quoi ? Parce que c'est bien beau de le faire dans le cadre bénévolat, mais c'est bien beau quand on a l'association, et puis là-bas c'est plus encadré, c'est plus légitime de pouvoir faire un certain nombre de travail. Et puis c'est de là, une année après que je suis venu, dans les un an à six mois, je pense que j'ai candidaté pour le poste, et puis voilà, peut-être le président il avait bien senti que j'étais en train de faire le truc, il m'a pris, c'est lui qui m'a même aidé par rapport à ça aussi. Après j'ai pris, on a essayé de mettre en place une équipe solide, dynamique, voilà, pour pouvoir être au service de la communauté. Bon, même des fois je préfère parler de communauté parce que voilà, c'est pas, pour moi c'est pas le terme adéquat, mais je l'appelle ainsi comme ça, mais bon, en vrai c'est pas une communauté, mais je pense que c'est une belle communauté ouverte, très ouverte, très intégrée à Rennes, et puis c'est ça qui, nous aussi nous essayons de faire passer ce message, ça veut dire il faut savoir, il faut intégrer. La personne quand tu t'intègres ça devient facile pour toi, mais si tu t'intègres pas ça devient compliqué, mais c'est une belle communauté où il y a beaucoup d'entraide, où il y a beaucoup de solidarité et voilà, les gens sont sympas, voilà.
S'intégrer c'est accepter et connaître les valeurs de la pub française, ça c'est déjà un point, du point de vue administratif c'est important, et puis savoir aussi, voilà, s'accommoder de la vie ou de la culture locale c'est aussi très important, avoir une certaine ouverture d'esprit, pouvoir parler aux gens, pouvoir faire des choses, parce que tout est dans la communication, si on parle pas il y a rien qui bouge, et puis savoir bien parler, et puis respecter aussi l'autre, même s'il est différent de nous, voilà, toutes ces choses-là ça fait, voilà, pour moi la base c'est cette ouverture, voilà, ou de la culture, mais ouverture d'esprit, connaître l'autre, accepter l'autre, et voilà, savoir vivre avec l'autre aussi. J'aime être à l'écoute, j'avoue que des fois c'est un peu compliqué parce que des fois aussi il y a tuer un clandé, on peut s'arranger, mais j'aime écouter les gens, j'aime aussi appuyer, aider, parce que des fois quand j'arrive pas à trouver des solutions par rapport à certains problèmes c'est très gênant, et puis tu te rends compte que c'est très compliqué aussi de trouver des solutions parce que voilà, c'est souvent une administration qui est différente de la nôtre, voilà, et puis voilà, mais ce que j'aime le plus c'est trouver des solutions face au problème, c'est ça que j'aime le plus, même si c'est pas facile, mais c'est ce que j'aime le plus.
Moi personnellement je me sens super bien, parce qu'en fait, comme j'ai eu à le dire à l'entame de mon propos, c'est une confiance en soi, il faut avoir la confiance en soi, c'est pas que, dans la vie rien n'est donné, même les gens des fois ils acceptent, mais c'est à toi d'aller chercher, de te faire accepter, en quelque sorte il faut t'imposer, si tu le fais pas, tu n'existes pas, et puis les gens ils ont d'autres choses à faire, ils ont tellement des choses à faire, qu'après voilà, ils ne sauront même pas qu'ils sont en train de faire des choses, bien ou pas, mais c'est à toi de te faire accepter, et puis voilà, et là aussi c'est là où je disais il faut comprendre la culture de l'autre, comment l'autre fonctionne, c'est aller pouvoir parler avec cette personne, pouvoir communiquer, savoir connaître ses codes, comment l'aborder, toutes ces choses là c'est des éléments à apprendre, moi je pense qu'il faut, moi je n'ai pas cette peur, je n'ai pas ce stress, rien de ça. Moi je vous dis simplement, je suis venu, j'ai été délégué, et je sais qu'on a été au vote, et j'ai gagné, et c'est des blancs, des Français qui ont voté pour moi, ça veut beaucoup dire ça, et puis il faut s'imposer, et ça va aussi, maîtriser un peu les limites, tout ça c'est important, mais dans la vie tout, rien ne se demande, mais moi je pense que personnellement, je suis très bien accepté, et ça je remercie aussi des amis, à quelque sorte c’est toute l'université, c'est pourquoi j'aime beaucoup l'université Rennes 2, franchement il y a cette culture de l'altérité, de l'autre aussi qui est très forte ici, on accepte l'autre, voilà ça c'est bien, c'est vrai que je ne connais pas encore la France, mais comme je te dis, je suis très médiatique, je suis un peu d'actualité, avec les médias tu peux connaître tout ce qui se passe un peu partout en France, il y a d'autres villes qui sont un peu plus, notamment le nord, le sud, qui sont un peu plus, voilà, plus fermées sur eux, mais si tu sens que les gens sont ouverts, à l'université aussi tu le sens vraiment, franchement, je dis, mention spéciale l’Université Rennes 2, moi je me sens très accepté par l'université, je suis très bien, même si c'est des fois, peut-être ça peut ne pas plaire, parce qu'il faut être ambitieux et croire en soi, et aller au bout de ses rêves.
Virgule musicale
J'aime regarder ce qui se fait de gauche à droite, partout, que ce soit à l'échelle nationale, avec les médias, mais ici à l'échelle de Rennes 2, à l'échelle de Rennes, je regarde beaucoup tout ce qui se fait. À l'échelle de Rennes, j'avoue que mon passe-temps favori, c'est écouter les émissions surtout politiques. Je regarde beaucoup les chaînes françaises. Je regarde France 4, je regarde Apolline de Malherbe, c'est-à-dire l'invité politique qu'il fait chaque matin. C'est là où j'ai appris à connaître toutes les émissions politiques de premier plan. Parce que là-bas, c'est un face to face comme ici, et elle est en face de l'homme, et puis voilà, on est obligé de dire ce qu'on pense, et puis voilà, j'écoutais beaucoup avant de venir à l’université parce que je me réveille tôt, Pujadas, Pujadas aussi, j'aime beaucoup, c'est quelqu'un que j'ai respecté beaucoup, que j'apprécie Pujadas, surtout les journalistes de LCI, je kiffe quoi, je les regarde beaucoup. En résumé, c'est France 2 et BFMTV que je regarde sur ces questions politiques intérieures. Je regarde plus LCI pour l'actualité et la dimension internationale.
Moi, c'est l'actualité qui me fait vivre, si je ne suis pas en communication, je regarde l'actualité, c'est ça qui me stimule parce que voilà, j'ai envie de connaître ce qui se passe autour de moi, dans le monde, à toutes ces choses-là. J'aime beaucoup, j'avoue, j'aime beaucoup, beaucoup, beaucoup. Au début, j'aimais beaucoup le sport, j'ai regardé, mais je me suis dit que le sport, c'est des questions secondaires, c'est pour la passion. Moi, je veux des choses utiles, apprendre des choses utiles parce que je veux vraiment être utile à ma communauté, à mon pays, à l'international parce que je suis quelqu'un de très pacifique. D'ailleurs, c'est ce qui explique que je regarde un peu l'actualité internationale parce qu'il y a beaucoup de choses qui se passent autour de nous qui n'est pas bien et puis voilà, je veux vraiment participer à pacifier ce monde où tout est devenu compliqué, il y a beaucoup de tensions et puis faire venir l'homme aussi au centre des préoccupations parce que voilà, les gens, ils sont plus trop dans la démarche économique, mais ça quand tu ne regardes pas l'actualité, tu ne peux pas le savoir. Toutes les puissances, ils sont tellement dans la démarche économique qu'ils oublient même que l'homme doit être au cœur des choses.
Musique du générique
Voix off : Plus qu'une fac, c'est un podcast de l'Université Rennes 2 réalisé par le service communication.
Un grand merci à Yaya, à qui l’on souhaite d’aller au bout de ses rêves et de briller, où qu’il se trouve, encore plus fort que Pujadas.