Mercredi 1 avril

Cours public 2026 "La Mutation Climatique : Enjeux climatiques dans le basculement géopolitique contemporain"

Mercredi 1er avril 2026, à 18h15, le campus Mazier accueillera, dans le cadre du Cours public, Amy Dahan, Directrice de Recherches émérite, CNRS.

LA PAIX - NICOLAS-BERNARD LÉPICIÉ - 1772- HUILE SUR TOILE - MUSÉE INGRES-BOURDELLE - MONTAUBAN
Contenu sous forme de paragraphes

L’objectif de cette conférence est de replacer le climat au cœur des bouleversements contemporains, dans la mesure où la mutation climatique alimente directement les dislocations du monde et s’entrelace avec les crises géopolitique et démocratique. 

En bref, la Mutation Climatique est notre nouvelle condition humaine, alimentée par la polycrise (un concept popularisé par l’historien Adam Tooze). Elle agit comme une loupe grossissante, révélant l’inadéquation croissante de nos institutions, héritées de la modernité industrielle, de la guerre froide ou de la Pax Americana, face aux défis du présent.

La thèse de l’Anthropocène a déjà souligné l’interconnexion entre diverses crises (climat, biodiversité, eau, etc). Nous y ajoutons la conviction que nous ne sommes plus dans l’optique d’une transition ordonnée et graduelle, dont le concept renvoie trop souvent à des projets technocratiques, d’apparence apolitiques, de décarbonation par la substitution d’un régime énergétique par un autre. Ce concept ne résiste pas aux évènements contemporains (invasion russe, guerres commerciales, secousses impériales violentes, prégnance des intérêts fossiles).

La réflexion à laquelle nous voulons contribuer, est celle d’une transformation profonde, beaucoup plus large, englobant systèmes politiques, régimes sociotechniques et rapports au monde naturel car la mutation climatique engage aussi l’avenir de la démocratie.


Le Cours public 2026

Le thème du cours public 2026 est "Des États de paix"

Coordination Patrick Harismendy, Professeur émérite d’histoire contemporaine
Université Rennes 2 / CRBC

Pour péremptoire qu’elle pouvait être, la fermeture des Portes de la Guerre, à Rome, ne préjugeait pas d’un retour à la stasis, mot grec conjoint à la physique et à la physiologie.  Comme, désormais, est révoqué le triptyque « paix, crise, guerre », au profit de « compétition, contestation, affrontement » mieux à même de rendre compte d’instabilités et d’imprévisibilités  parcourant l’environnement fragmenté et fortement concurrentiel devenu le nôtre, ainsi que le suggère le général Thierry Burkhard, alors que l’image gentillette du village mondial, postulant l’entraide entre voisins, n’est plus de saison. De même, l’Histoire des Relations internationales, faite d’en haut et par en haut a dû s’ouvrir aux travaux interrogeant successivement après-guerres, post-guerres, sorties de guerre marquant la dilatation du temps à travers les processus de transition. L’interrogation de complexités allant des reconstructions aux retours des prisonniers, aux procès de culpabilités et de mémoires aux conséquences économiques ou culturelles durables est centrale, tout comme le changement plus ou moins radical des horizons politiques en résulte bien souvent. Mais, pour quantifiables que peuvent être les coûts de la paix, en passant par migrations forcées, abandons territoriaux, tribut au vainqueur ou perte pure et simple de souveraineté, ils travaillent aussi sociétés et individus en profondeur avec les cortèges d’humiliation, d’intolérance, de ressentiment ou de traumas, avérés ou mythologisés propres à réembraser les conflits ; y compris par les venins communautaristes ou nationalistes. La paix n’est donc ni une catégorie, ni un invariant, mais reflète, selon les époques, les possibles de vivre ensemble selon des règles ne pouvant ignorer les psychés des uns et des autres. La difficulté, pour l’historien, est de trouver ou maintenir la bonne distance entre la multiplication d’outils d’analyse à sa disposition et la conservation de la contemporanéité propre à la période examinée. Et la nôtre est, aussi, celle d’une maison qui brûle… 

Mots clés
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