L'exposition
Spécifiquement pensée pour l’espace de L’Église, l’exposition s’articule autour d’une longue table dressée, où dialoguent tissus plissés et céramiques aux formes organiques. À la fois étrange et familière, cette installation évoque les repas partagés, les fêtes collectives, ainsi que les tensions et les silences qui peuvent les traverser.
L’artiste Romuald Jandolo a composé un environnement suspendu, dans lequel nul ne sait s’il arrive trop tôt ou trop tard. Pour renforcer cette ambivalence, les visiteurs et visiteuses deviennent tour à tour observateurs, observatrices et invités, invitées, pris dans une mise en scène qui transforme le lieu en un espace de partage ambigu.
Différents imaginaires artistiques sont convoqués au sein de l’exposition, faisant autant référence au motif religieux de la Cène qu’à la philosophie antique et Platon : le banquet est un lieu de partage mais aussi de dispute traversé de débats et de tensions. Telle une apostrophe au film Festen (Thomas Vinterberg, 1998), huis-clos étouffant où les non-dits familiaux volent en éclats, l’installation évoque aussi une littérature où la nourriture croise la bienséance et le scandale, entre le Gargantua de Rabelais et Les Années d’Annie Ernaux.
Bonne chère, à la fois synonyme de bon repas dont on ressort repu, et de bon accueil aux hôtes, interroge finalement la promiscuité, parfois inconfortable, induite par les moments de retrouvailles autour d’une table opulente. Cette situation, banale en apparence, fait écho à nos expériences communes : s’asseoir à table, observer les autres, trouver sa place, se taire ou prendre la parole. L’exposition sera ponctuée de performances — lectures, interventions sonores et physiques — venant activer la scène et renouveler l’expérience du banquet au fil du temps. Une programmation associée, menée avec plusieurs partenaires, prolongera ces réflexions autour du banquet, de la fête et de la nourriture.
L'artiste
Dans sa pratique, Romuald Jandolo développe un univers visuel exubérant et complexe sous forme d’installations. Ses œuvres se nourrissent autant de son histoire personnelle que de références iconographiques issues de l’histoire de l’art et de la culture populaire. À partir de ces dispositifs, l’artiste tisse des récits qui interrogent nos imaginaires collectifs. Les éléments disparates qui les composent apparaissent alors comme des indices ouverts aux interprétations. Son geste plastique se déploie dans un rapport précieux à la dimension manuelle du « faire », privilégiant la céramique, le textile et le dessin. Diplomé de L’École Supérieure d’Arts et Médias de Caen (ESAM), Romuald Jandolo est actuellement représenté par la galerie Alain Gutharc à Paris. Récemment, il a été invité à exposer au Confort Moderne à l’occasion des 40 ans du lieu sous le commissariat d’Elora Weill-Engerer. Son exposition Pardon pour la lumière explorait l’histoire du chapeau pointu et son apparition dans la culture visuelle, convoquant aussi bien les sorcières de Goya et les bouffons carnavalesques que les silhouettes inquiétantes du Ku Klux Klan. L’artiste joue de ces ambiguïtés symboliques, oscillant entre le festif, le grinçant, le punitif et le sacré. Ce travail sur la marge se retrouvait également dans son exposition Le Bal des folles à la Galerie Alain Gutharc, où il faisait dialoguer les bals historiques de la Pitié-Salpêtrière avec l’univers de Copi, questionnant la représentation des corps exclus.
La promotion 2026 du master Métiers et Arts de l'Exposition (MAE) : Malicia Auvray, Léa Bénéteau, Lorine Bermon, Agathe Bertin, Léann Bouffigny, Camille Carteron, Charlotte Chevrier, Mélusine Frouin, Clara Gillmann, Éliott Laurenceau-Gort, Lisa Michallat, Solène Soriano, Julie Tresson.
Le master 2 MAE constitue une formation à finalité professionnelle dans le cadre du parcours Histoire de l’art de l’Université Rennes 2. Il propose des enseignements articulés autour de deux axes complémentaires. Le premier déploie une réflexion historique, théorique et critique sur les problématiques liées à l’exposition, au sein du contexte artistique, culturel et institutionnel international. Le second propose une expérience pratique avec la réalisation d’une exposition annuelle d’un ou d'une artiste d’envergure internationale, en collaboration avec la Galerie Art & Essai de l’Université ou d’autres lieux au sein de la métropole rennaise.
Le cursus se base sur des expériences pratiques avec la mise en œuvre de projets curatoriaux. Ces différentes réalisations s’effectuent au cours des deux ans du master. Encadrés par Béatrice Didier (co-directrice du Point du Jour à Cherbourg), Baptiste Brun (enseignant-chercheur en Histoire de l’art contemporain) et Pierre Ruault (ATER en Histoire de l’art contemporain), les étudiants et étudiantes sont également conseillés durant l’année par des professionnels et professionnelles qui les accompagnent dans leurs démarches.
L’association Noir Brillant est née de la volonté de deux artistes rennaises, Delphine Lecamp et Anita Gauran, de redonner vie à des lieux patrimoniaux pour les transformer en espaces dédiés à la création contemporaine. En acquérant deux édifices religieux désaffectés, l’église anciennement nommée Saint-Laurent-des-Vignes et une chapelle à proximité, elles ont créé un lieu culturel unique en son genre.
Située rue de Saint-Laurent, l’église est un édifice historique dont les fondations remontent entre le VII et le X siècle. e ^ e Après avoir joué un role central dans le quartier de Maurepas, l’église a été désacralisée en 1970 et a servi de lieu de stockage pendant plusieurs décennies. En 2018, la Ville de Rennes a vendu l’édifice à Delphine Lecamp. Après deux ans de travaux, elle a aménagé trois ateliers et transformé la nef en un espace d'exposition