Chaque année plusieurs milliers d’étudiants découvrent les études supérieures sur le campus de Villejean. En sortie de lycée la découverte d’un campus de près de 22 000 étudiants est un bouleversement majeur pour les étudiants entrant dans le supérieur, découverte des cours en amphi, d’un campus relativement vaste, d’un nouveau rythme de travail, cette arrivée à l’université bouscule un certain nombre de repères spatiaux et sensibles.
Ce travail réalisé par deux étudiantes de Licence 3 de géographie, Juliette Gatel et Denise Hennequin, propose, à travers une carte sensible du campus, d’interroger ces représentations du campus à travers un panel d’une soixantaine de nouveaux arrivants à Rennes 2. Cette carte sensible dessine un campus à hauteur d’étudiants, avec ses coins connus et reconnus et ses recoins méconnus, ou inconnus et permet de dessiner une représentation initiale du campus qui finalement conditionnera largement les expériences futures sur le campus de ces étudiants.
Bonjour à toutes et tous.
Aujourd’hui, nous allons parler de l’université Rennes 2, et plus précisément du campus Villejean, implanté depuis sa construction en 1969 au cœur du quartier Villejean.
Ce campus de l’université accueille chaque année des milliers de nouvelles étudiantes et de nouveaux étudiants. Pour celles et ceux qui arrivent en première année de licence, l’entrée à Rennes 2 s’apparente souvent à la découverte d’un nouveau monde, déroutant par son ampleur si on la compare à celle d’un lycée.
Riche d’une quinzaine de bâtiments, de plusieurs centaines de personnels et de près de 150 salles de cours, il est aisé de comprendre le vertige que peut représenter la découverte de ce nouveau lieu d’étude.
C’est précisément la question de l’appropriation de ce campus par les nouveaux arrivants à Rennes 2 qui va faire l’objet de notre propos aujourd’hui.
À l’origine de ce sujet se trouve le travail d’un groupe d’étudiantes de dernière année de licence en géographie qui, dans le cadre d’un cours d’initiation à la recherche, se sont interrogées sur les ressentis, les impressions et les formes d’appropriation du campus par les néo-étudiants.
Juliette Gattel et Denise Enkin ont mené une enquête par le biais d’un questionnaire diffusé au mois de novembre 2023 auprès d’un échantillon de la population étudiante de première année, issu de différentes filières. Le questionnaire portait sur leurs pratiques quotidiennes ainsi que sur les lieux fréquentés et appréciés.
Les 64 réponses recueillies ont été spatialisées et synthétisées dans une carte sensible de l’université, témoignant de cette appropriation du campus par les étudiantes et étudiants de première année.
Cette carte est une mise en image des résultats de l’enquête. Par exemple, le choix a été fait de représenter certains bâtiments périphériques, peu connus ou peu fréquentés par les nouveaux arrivants, à une échelle différente de leur taille réelle afin de mieux marquer leur caractère périphérique et méconnu. C’est notamment le cas des bâtiments S et I, ici représentés plus petits que leur taille réelle.
Le choix des couleurs répond également à une volonté de mettre en avant des éléments centraux dans les pratiques étudiantes. Ainsi, le jaune utilisé pour représenter le hall B ou le bâtiment L et son hall illustre des espaces largement reconnus comme chaleureux à l’échelle de l’université et rapidement appropriés par les usagers.
L’utilisation de symboles volontairement associés à des éléments positifs, comme les petits cœurs pour certains espaces surlignés en rouge — par exemple la cartothèque — participe elle aussi de cette cartographie sensible.
Mais cette dimension sensible ne révèle pas seulement les espaces appréciés : elle met aussi en lumière des espaces dépréciés, pointant sinon des dysfonctionnements, du moins certains aspects négatifs du campus.
Il peut s’agir des interminables files d’attente au restaurant universitaire du Métronome, accentuées depuis la fermeture du restaurant universitaire de La Harpe à la rentrée 2023, ainsi que la fermeture de deux points de restauration à l’Ève la même année.
Il peut également s’agir de la vétusté de certains bâtiments, comme le bâtiment F, du sous-sol jugé lugubre du bâtiment A, ou encore des problèmes de chauffage signalés dans les bâtiments S et I.
Au final, cette carte sensible révèle à la fois un fort attachement au campus et une connaissance finalement assez limitée, concentrée sur les espaces centraux.
Cette perception du campus par de nouveaux arrivants est d’ailleurs étonnamment juste lorsqu’on la compare à celle des étudiantes et étudiants présents depuis plus longtemps. En échangeant avec ces derniers, on constate que la perception n’est pas fondamentalement différente et que la connaissance des périphéries n’est pas nécessairement meilleure.
L’exercice révèle également des méconnaissances plus inattendues, notamment celle du bâtiment M, dédié aux arts plastiques, qui reste peu identifié. L’absence du bâtiment du COSEC, consacré aux activités sportives, ou encore de la galerie d’art située sous la BU centrale, est également à noter.
Ce type d’approche sensible de nos espaces révèle à la fois nos pratiques et nos représentations, et donne à voir le campus comme un espace vécu, dans toutes ses ambiguïtés.
Un lieu de vie quotidien pour des milliers d’étudiantes et d’étudiants, et des centaines de personnels, auprès de qui il pourrait d’ailleurs être intéressant de mener le même travail.
Merci pour votre écoute.
N’hésitez pas à suivre les actualités de l’Atlas social de la métropole rennaise, dont le lien est disponible en description ci-dessous.
À bientôt.