Quel est votre parcours ?
Titulaire d’un doctorat en STAPS obtenu à l’Université Rennes 2 en 2016 au sein de l’unité de recherche Mouvement, Sport, Santé (M2S), j'ai développé une méthode d’évaluation automatisée des risques professionnels de troubles musculosquelettiques. Le dispositif CIFRE m'a permis de mettre en application dans le monde industriel la technologie nouvelle de la vision par ordinateur, pour aboutir à un logiciel prototype. En 2018, j'ai cofondé Moovency, start-up issue de ses travaux, qui commercialise KIMEA, un outil d’analyse ergonomique utilisé à l’international. Moovency compte aujourd’hui 23 salariés et une centaine de clients.
Quelle est votre vision du rôle d’ambassadeur ?
Œuvrer activement à la promotion de la recherche et de la formation par la recherche, que je considère comme l’essence même de l’université. Convaincu que les docteures et docteurs sont des professionnels formés à gérer en autonomie des problématiques complexes de A à Z, je m'attache à déconstruire les idées reçues sur le doctorat. Pour moi, le doctorat permet certes une hyper spécialisation, mais aussi d’acquérir des compétences précieuses, telles que la polyvalence et l’adaptabilité, encore trop peu reconnues sur le marché du travail. Passé du monde académique à la création d’entreprise, je milite pour valoriser cette passerelle auprès des doctorantes et doctorants comme des entreprises.
Donnez-nous un exemple d’action de promotion du doctorat auprès des secteurs socio-économiques.
J'ai récemment encadré à mon tour une doctorante en thèse CIFRE, Hasnaa Ouadoudi Belabziouin, qui a soutenu en 2024 et poursuit aujourd’hui sa carrière en post-doctorat à la prestigieuse université américaine d’Harvard. Ce travail de recherche, dans la continuité du mien, portait sur l’estimation des efforts fournis par les travailleurs à partir de la vidéo, là où je m'étais concentré sur l’analyse des postures. Cette activité d’encadrement est une manière d’affirmer mon engagement dans l’innovation et dans le lien entre le monde de la recherche et celui de l’entreprise.
Les autres ambassadrices et ambassadeurs pour la Bretagne sont Maëlle Sergolle, Virginie Vergnaud, et Nicolas Kerbellec
Bonjour, je m'appelle Pierre, j'ai 36 ans.
Je suis docteur en STAPS de l'université de Rennes 2 et maintenant cofondateur et président de l'entreprise Movency. Alors tout a commencé lors de mon stage de master 2 en STAPS
où je travaillais dans une entreprise qui avait des problématiques de troubles musculo-squelettiques ou TMS. Et en fait je me suis rendu compte que les outils disponibles sur le terrain n'étaient vraiment pas performants. Par exemple je travaillais avec un logiciel où je devais cliquer sur toutes les articulations image par image. C'était vraiment très chronophage et en fait ça a pris le pas sur le coeur de mon stage qui était de trouver des solutions pour aménager les postes de travail et réduire les risques de TMS. Du coup suite à ce constat là j'ai entrepris de créer un sujet de thèse CIFRE que j'ai présenté à un industriel qui souffrait des mêmes problématiques et on a débuté la thèse comme ça. Ce sujet c'était de pouvoir proposer une solution et une méthode d'estimation des risques de TMS qui soit plus performante, plus reproductible et plus standardisée grâce à la vision par ordinateur. Le challenge c'était de pouvoir appliquer des méthodes de vision par ordinateur dans un environnement très contraints comme l'environnement industriel avec de nombreuses occultations. Après ma soutenance, en 2016, j'ai remarqué que le logiciel que j'avais développé lors de ma thèse pouvait intéresser d'autres industriels qui souffraient des mêmes
problématiques de TMS. Et c'est à partir de ce moment-là que j'ai créé l'entreprise
Movency pour commercialiser notre solution qui s'appelle Kimea, notre
logiciel, et pour le faire évoluer au fur et à mesure. Désormais, l'entreprise a bien grandi, on est 23 collaborateurs, on a plus d'une centaine de clients à travers le monde et on
travaille vraiment avec tout type d'entreprise. D'un point de vue plus personnel, mon travail, il est vraiment de fédérer l'équipe autour de la prévention
des TMS et l'application des nouvelles technologies pour aider à
cette belle mission. Et plus concrètement, Mon travail est vraiment très transverse avec aussi bien de la recherche, mais également du commerce, de la communication. Et c'est vraiment ce côté touche-à-tout qui m'intéresse énormément dans mon travail du quotidien. Je suis convaincu que les docteurs ont énormément à apporter 3 à l'entreprise, mais trop souvent, les docteurs sont vuscomme des hyper spécialistes un peu à part. Pour moi, il y a énormément de compétences qu'ont les docteurs, qui doivent être valorisées. Ils sont capables de gérer des projets complexes de A à Z, d'être très autonomes comme de pouvoir collaborer. Ayant moi-même fait la passerelle entre le monde académique
et l'entreprise, j'aimerais contribuer à valoriser aussi bien auprès des
entreprises que des doctorants eux-mêmes cette passerelle. Alors moi j'aimerais contribuer à mon niveau à valoriser le doctorat au sein de mon réseau socio-économique que je côtoie depuis 7 ans et j'aimerais surtout aussi porter un message aux doctorants pour leur dire qu'ils sont plus qu'une simple hyper spécialisation et qu'ils ont énormément de compétences transverses à valoriser qui leur permettent d'avoir des perspectives d'avenir qui sont vraiment très intéressantes comme mon parcours peut être un peu à cette image.