Lundi 4 Mai

Soutenance de thèse de M. Vincent DAUMAS

La soutenance de thèse de monsieur Vincent Daumas se tiendra le 4 mai 2026, à 14h, dans la salle des thèses de l'Université Rennes 2.

Contenu sous forme de paragraphes

Vincent Daumas présentera ses travaux en vue de l'obtention du diplôme de doctorat en Histoire, sous la direction de madame Jimena Obregon Iturra

Titre des travaux :

De l'écuelle au manuel.
Connaissances et reconnaissances des techniques minières et métallurgiques dans les Andes centrales au XVIIIe siècle.

Résumé :

Cette thèse aborde les techniques minières et métallurgiques d’extraction de l’argent dans les Andes centrales, sur un territoire couvrant le Pérou, la Bolivie et une partie du Chili, sur un large XVIIIᵉ siècle. Elle prétend mener une anthropologie historique des techniciens, ouvriers et exploitants en charge de ce travail, en interrogeant leurs façons de vivre et de caractériser la matière, par l’intermédiaire de savoirs tacites et incorporés, et de transformer leurs inventions techniques en innovations par la négociation et l’inspiration collective. Ce travail conduit à questionner les dispositifs et les déterminants sociaux, culturels, spatiaux, expérimentaux et éditoriaux permettant la validation des savoirs. Par la suite, les techniciens pouvaient rechercher plusieurs formes de reconnaissance, parmi lesquelles les statuts d’inventeur et d’expert faisaient l’objet de stratégies discursives en relation étroite avec les pouvoirs politiques.

Enfin, cette période est marquée par la dévalorisation des pratiques hispano- américaines par les savants européens. Dans le cadre d’une vaste controverse technique et politique, les savoirs de la mine et de la métallurgie furent mobilisés par certains exploitants et travailleurs andins pour affirmer une approche différente des techniques, à contre-courant de la science des Lumières promue par les autorités coloniales.

Cette thèse porte donc une réflexion sur les hybridations et les résistances des savoirs de la pratique au XVIIIᵉ siècle. Elle conduit à envisager les modèles, les déterminants et les alternatives historiques au développement technique et industriel.

Abstract : 

This thesis addresses mining and metallurgical techniques for extracting and processing silver in the Andes, covering Peru, Bolivia and part of present-day Chile, focusing on a wide span of the 18th century. It aims at conducting a historical anthropology of the technicians, workers and operators in charge of this work, examining their ways of living and characterising matter through tacit and embodied knowledge, and transforming their technical inventions into innovations through negotiation and collective inspiration. This work leads to wonder about the social, cultural, spatial, relational, experimental and editorial mechanisms and foundations that enable the validation of knowledge. As a result, technicians could seek various forms of recognition, among which the status of inventor and expert were the subject of discursive strategies closely linked to political powers.

Finally, this period was marked by the devaluation of Spanish-American practices by European scholars. In the context of a vast controversy crystallising technical and political issues, mining and metallurgical knowledge was mobilised by some Andean operators and workers to assert a different approach to technology, contrary to the Enlightenment science promoted by the colonial authorities.

This thesis therefore reflects on the hybridisation and resistance of practical knowledge in the 18th century. It leads one to consider historical models, foundations and alternatives to technical and industrial development.


La soutenance est publique.

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