Sous la direction de madame Ulrike Schuerkens.
Titre des travaux :
Stratégies d’accès à la formalisation et à l’accompagnement des entrepreneurs informels au Sénégal et en Côte d’Ivoire.
Résumé :
L’entrepreneuriat en Afrique de l’Ouest constitue un champ social central pour la compréhension des dynamiques de développement économique et de transformation sociale. Inscrit dans un contexte marqué par des contraintes structurelles et institutionnelles, il met en évidence des logiques d’action fondées sur la résilience, l’innovation et l’ajustement stratégique des acteurs. Les entrepreneurs informels se heurtent à des rapports de pouvoir asymétriques, notamment en matière de reconnaissance institutionnelle et d’accès aux ressources financières, ce qui fragilise la reproduction de leurs activités économiques. Cette thèse analyse les stratégies sociales mobilisées par les entrepreneurs informels pour accéder aux dispositifs de formalisation et d’accompagnement au Sénégal et en Côte d’Ivoire. La problématique s’articule autour du rôle des réseaux sociaux et de la négociation comme mécanismes de médiation entre les entrepreneurs informels et les institutions étatiques. Elle repose sur le constat sociologique selon lequel, malgré l’existence de barrières socio-économiques, techniques et institutionnelles issues des politiques publiques de formalisation, certains acteurs parviennent à contourner ces contraintes et à intégrer les dispositifs officiels. Ce processus révèle des stratégies d’adaptation, de contournement et d’appropriation des règles formelles. L’étude s’inscrit dans une démarche qualitative à visée abductive, mobilisant l’analyse documentaire, les entretiens non structurés, l’observation de terrain, les récits de vie et les focus groupes.
La méthode biographique permet de restituer les trajectoires sociales des entrepreneurs, tandis que l’analyse de contenu sert à appréhender les logiques de sens et les pratiques sociales. La revue de la littérature oppose deux perspectives : l’une centrée sur l’agentivité individuelle et la perception des opportunités, l’autre sur les structures cognitives et sociales qui conditionnent l’identification et l’exploitation d’opportunités exogènes. Les résultats mettent en évidence trois dimensions majeures. Premièrement, le processus de formalisation et d’accompagnement s’inscrit dans des réseaux sociaux qui fonctionnent comme des ressources relationnelles, pouvant jouer un rôle actif ou latent. Deuxièmement, la mobilisation des différentes formes de capital social, culturel et symbolique facilite l’accès aux institutions et aux mécanismes de financement. Troisièmement, la négociation sociale apparaît comme une pratique stratégique permettant aux acteurs de composer avec les normes formelles et les contraintes réglementaires. Ces résultats sont discutés à la lumière des théories du capital social et des réseaux (Granovetter(1985), Bourdieu(1986)) ainsi que de la négociation sociale (Jean-Daniel Renaud (1988) ), tout en soulignant les apports et les limites de la recherche.
Mots clés : Entrepreneuriat, réseau social, négociation sociale, Côte d’Ivoire, Sénégal
La soutenance est publique.