Jusqu’en 2021, l’accès à la PMA (ou l’AMP : Assistance Médicale à la Procréation /Procréation médicalement Assistée) était réservé aux couples hétérosexuels souffrant d’infertilité ou risquant de transmettre une maladie grave. La loi bioéthique a élargi son accès à toutes les femmes, qu’elles soient célibataires ou en couple homosexuel. Depuis l'entrée en vigueur de cette loi, les demandes de procréation médicalement assistée de femmes seules ont fortement augmenté (Ministère de la santé, 2023), un phénomène non anticipé par les CECOS (Centre d’Étude et de Conservation des Œufs et du Sperme humains). On observe une hausse significative des demandes de recours au don de sperme de la part de femmes célibataires. Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large de transformation des normes familiales et procréatives et s’accompagne aussi de changements législatifs majeurs. La fin de l’anonymat des dons de gamètes, entrée en vigueur le 1er septembre 2022, marque un tournant important. Les donneurs doivent désormais consentir à ce que leur identité puisse être transmise à l’enfant issu du don une fois celui-ci devenu majeur et s’il en fait la demande. À partir du 1er avril 2025, seuls les gamètes et embryons dont les donneurs ont consenti à la levée de l'anonymat peuvent être utilisés pour une AMP. En juin 2023, la liste d'attente comptait près de 5 430 demandes dont 40,2 % de femmes seules.
Pour la première fois en France, une journée d’étude entièrement dédiée aux parcours de PMA (AMP) pour les femmes seules réunira chercheuses spécialistes de la procréation, de la filiation et de l'enfantement par don mais aussi des associations et témoins de terrain. Organisé par le programme FeMinA (MSHB), cet événement inédit dressera un état des lieux national et européen des recherches sur la maternité solo en parcours PMA.
Cette journée mettra en lumière les conditions d’accès à la PMA pour les femmes seules en France et en Europe, les inégalités persistantes ainsi que les logiques d’autonomie et d’émancipation portées par ces parcours. Au-delà des seuls enjeux médicaux et/ou familiaux, le recours à la PMA par les femmes seules interroge les fondements mêmes de nos sociétés : reconnaissance de la pluralité des modèles familiaux, reconfiguration des rôles de sexe. Cette journée d’étude se veut un espace de réflexion sur les mutations en cours mais aussi un lieu de dialogue entre recherche et société en conviant également les associations nationales et bretonnes.
Cette journée s’adresse à un public large : chercheures et chercheurs, étudiantes et étudiants en SHS et santé, professionnelles et professionnels de terrain, actrices et acteurs du monde associatif, toutes et tous concernés ou intéressés par les transformations contemporaines des normes familiales et reproductives.