La vie contrainte par le fascisme impose un certain régime du visible : organisation des foules, chorégraphies de masse, idolâtrie du chef, culte des symboles, saturation de l’espace public, injonction à dire. Mais la vie antifasciste est, elle aussi, une vie d’images. Au régime visuel de la terreur et de la haine s’oppose, dès les années 1930, un régime visuel de la résistance où les images concourent au désapprentissage de la peur, à armer les consciences, rendre visible l’injustice, à ouvrir des horizons, à préserver la mémoire, où contester les hégémonies.
La journée d'étude « Ce que l’antifascisme fait à l’image. Ce que l’image fait à l’antifascisme (1930–2026) » se propose d’analyser les images antifascistes dans une perspective historique et théorique, des années 1930 à aujourd’hui. Elle appelle à l’examen des relations entre antifascisme, visualité et propagande, en portant une attention particulière aux contre-régimes visuels élaborés par les mouvements antifascistes. En articulant histoire, histoire de l’art, études visuelles et sciences sociales, cette rencontre vise à interroger les conditions de production, les effets, les usages et les limites opérantes des images politiques, les parcours de celles et ceux qui les ont faites, ainsi que leur rôle dans la structuration des luttes et des mémoires collectives.
Organisation :
- Thomas Bertail (HCA – Bibliothèque Kandinsky, Musée national d’art moderne – Centre Pompidou)
- Jil Daniel (PTAC – Rennes 2, AIAC – Paris 8)
- Florent Perrier (PTAC – Rennes 2)