Paris, années 1930. Irénée, revenu de ses illusions d’acteur mais accessoiriste heureux, se confie sur son école de cinéma : les revues grand public Pour vous et Cinémonde… Mais derrière l’image naïve du cinéma qu’il s’est forgée dans ses lectures, sommeille depuis le début un immense talent, celui d’Irénée, et de Fernandel dans Le Schpountz (Marcel Pagnol, 1938) : le hasard et les conseils avisés de la monteuse Françoise sauront les révéler.
Hollywood, 1938. Une jeune fille visite les studios Warner en famille. En marge d’un tournage, Anatole Litvak la repère : « Young woman, you ought to be in pictures ». Un essai est préparé, une carrière d’actrice commence…C’est ainsi qu’en 1979 Gene Tierney raconte son entrée dans le cinéma : un physique, un hasard, une rencontre.
Paris, 1896. Une terrasse désaffectée, une verrière branlante, un bébé braillard. Une jeune femme enregistre sa toute première bande. À quoi doit-elle son succès ? À la bonne volonté de ses collaborateurs, aux « conseils et aux leçons » d’un technicien plus aguerri, puis à « l’expérience acquise au jour le jour, au hasard, à la chance ». Vous aurez reconnu le tournage de La Fée aux choux raconté par Alice Guy dans ses mémoires rédigées dans les années 1950.
Hasard, talent, don, génie, besogne, répétition, leçons, conseils, entrainement, vocation, échec ou réussite, ennui ou révélation…Faut-il être fou, comme un schpountz, pour se lancer dans le cinéma ?
Dans le cadre de son projet collectif de recherches sur les représentations de la fabrique cinématographique, l’équipe cinéma de l’unité de recherche APP a déjà organisé plusieurs journées d’études pour déployer les multiples façons d’envisager la façon dont est mise en scène, mise en texte, en discours et en image la fabrique du cinéma : vue par la littérature, par la caricature, par l’animation, le documentaire ou encore le cinéma de genre… Pour cette journée d’études, nous souhaiterions aborder les représentations de la formation au cinéma. Si récemment de nombreux projets de recherches ont ouvert le chantier de faire l’histoire de la formation, notamment par l’histoire des écoles de cinéma, l’objectif de cette journée, dans la continuité de notre programme de recherche, sera bien d’étudier la façon dont on représente l’engagement dans un processus de formation aux métiers du cinéma, que l’on soit professionnel ou amateur, étudiant, apprenti ou formateur.