14 février

Cours public 2024 "Cérémonies et représentations funéraires du doge de Venise à la fin du Moyen Âge : célébration de la puissance ou de l'impuissance du prince ?"

Mercredi 14 février 2024, à 18h15, le campus Mazier accueillera, dans le cadre du Cours public 2024, Guillaume Saint-Guillain, Maître de conférences en Histoire médiévale, à l’Université de Picardie – Jules Verne, à l'Amphithéâtre 5.

Contenu sous forme de paragraphes

Le doge de Venise est au Moyen Âge un prince paradoxal : entouré d'un cérémonial impressionnant, il est l'acteur principal de rituels qui commémorent l'histoire de la cité lagunaire et expriment ses revendications de puissance comme sa légitimité mythique ; mais il n'exerce que des prérogatives politiques en apparence très encadrées, au point que l'on voit souvent en lui un impuissant souverain, qui ne l'est que de nom. Il ne peut, en particulier, transmettre le pouvoir à sa lignée.

Son règne s'arrête donc avec sa vie, si bien que, dans une monarchie élective, le corps du prince mort redevenu simple particulier peut sembler définitivement dépouillé de toute aura politique.

Or, paradoxalement, la mort du prince ainsi que les rites et la mémoire funéraires ont été très tôt l'objet d’un cérémonial et d’une commémoration qui sont devenus particulièrement spectaculaires aux XVe et XVIe siècles. Ils ont servi de support à l'affirmation de la puissance publique mais aussi aux discours et aux ambitions aristocratiques.

 


Le Cours public 2024

Le thème du cours public 2024 est « Les moyens de la puissance »

Coordination Patrick Harismendy

Comment évaluer historiquement une « puissance » et accessoirement une grande puissance ? Par le simple décompte démographique préjugeant de forces humaines et matérielles mobilisables qu’exprimeraient PIB et PNB aujourd’hui ? encore faut-il intégrer au dénombrement les composantes technologiques (y compris dans les organisations), idéologiques, sociologiques et économiques (incluant la monnaie) en plus des capacités stratégiques. Se surajoute l’image, au sens large, vectrice de propagande comme les déclinaisons du « pouvoir doux » à fondement linguistique et culturel générateur de zones d’influence, donc facilitant le cadre d’alliances et de jeux en coulisses ?

Mais si chaque époque ou État présente des spécificités, les historiens renouvellent les perspectives à la faveur de transferts conceptuels, du recours à des archives parfois difficiles d’accès ou par la dilatation des temporalités et des espaces d’analyse. Et à la convergence du Militaire et du Politique, pas toujours d’accord entre eux derrière les recherches de gloire ou de grandeur, l’espace public doit en principe discuter des choix faits au nom de sécurités à géométries variables… autant que peuvent être fragiles des certitudes, des avantages, des fidélités ou des allégeances, sans même parler de supériorités théoriques infirmées par les faits ou l’usure des temps.

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