Mercredi 25 mars

Ciné Tambour "À table !"

La séance « À table ! » est en partenariat avec le master « Métiers des arts et de l’exposition » de l’Université Rennes 2, dans le cadre de l’exposition « Bonne chère » consacrée à l’artiste Romuald Jandolo. 

Le Charme discret de la bourgeoisie
Légende

crédit photo : Le Charme discret de la bourgeoisie © 1972 StudioCanal - Dean Film S.R.L. tous droits réservés

Contenu sous forme de paragraphes

18h15 : Le Charme discret de la bourgeoisie

(Luis Buñuel, France, 1972, 102’, DCP)

20h45 : Le Festin de Babette

(Gabriel Axel, Danemark, 1987, 102’, DCP)


Pour ouvrir la soirée, nous vous proposons Le Charme discret de la bourgeoisie de Luis Buñuel. Après Belle de jour (1967), Buñuel craint de se répéter. Comme l’explique Jean-Claude Carrière, scénariste du film : « Buñuel avait un seul mot-clé pour le film : une répétition. Une action qui se répéterait. » L’idée prend forme lorsqu’un dîner fondé sur un quiproquo, raconté par le producteur Serge Silberman, inspire la première séquence. Plus la structure narrative se répète, plus l’impossibilité de passer à table devient absurde, suscitant désirs et frustrations chez les personnages. Le film aborde également la figure de la mort, en jouant sur des contrastes comiques. Buñuel y renouvelle sa mise en scène grâce à des techniques comme le zoom ou le travelling, rompant avec son usage habituel des plans fixes.

Le Festin de Babette s’inspire de la nouvelle Le Dîner de Babette (1953) de Karen Blixen tout en modifiant certains détails, comme le déplacement de l’intrigue de la Norvège vers le Danemark. De même, le personnage de Babette, passe d’une femme forte brune à une femme rousse et élégante dans le film. L’œuvre reste néanmoins fidèle à l’esprit du texte, en plaçant la gastronomie au cœur du récit. Considéré comme un personnage à part entière, le repas dévoile les relations entre les individus. Le film met en scène une communauté religieuse d’inspiration luthérienne. Babette y incarne une figure de transgression en proposant un repas français raffiné, perçu comme une tentation par certains membres. Pour les scènes d’intérieur, Gabriel Axel s’inspire des tableaux du peintre danois Vilhelm Hammershøi. Il en résulte une esthétique danoise affirmée qui, de manière surprenante, a beaucoup plu au public américain. Pour avoir mis en avant la gastronomie française, il sera promu Officier de la Légion d’honneur !



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