Mercredi 11 février

Ciné Tambour "L.A. Rebellion"

Séance en partenariat avec le Festival Travelling « Los Angeles »

Killer of Sheep
Contenu sous forme de paragraphes

18h15 : Killer of Sheep

(Charles Burnett, États-Unis, 1978, 80’, DCP)

20h45 : Bless Their Little Hearts

(Billy Woodberry, États-Unis, 1983, 82’, DCP)


Cette séance a été élaborée en partenariat avec le Festival Travelling porté par l’association Clair Obscur, qui met cette année à l’honneur la ville si cinématographique de Los Angeles. Les deux films que nous projetons ce soir sont emblématiques du mouvement L.A. Rebellion, constitué de jeunes cinéastes afro-américains et africains, formés à l’université Californie Los Angeles (UCLA) dans les années 1960 : l’américain Charles Burnett (1944-), l’éthiopien Haile Gerima (1946-, réalisateur de Bush Mama (1979)), l’américaine Julie Dash (née en 1952 , réalisatrice de Daughters of the Dust), ou encore la réalisatrice Zeinabu irene Davis, qui revient sur le mouvement dans son documentaire de 2015 Spirits of Rebellion : Black Cinema from UCLA, et bien d’autres. Ils et elles proposent un cinéma indépendant, alternatif tant au cinéma dominant de Los Angeles, celui d’Hollywood, qu’au cinéma de la Blaxploitation alors en vogue.

Killer of Sheep de Charles Burnett est un des films majeurs de ce mouvement : il évoque la vie quotidienne des afro-américains dans le quartier/ghetto noir de Watts à Los Angeles. Stan travaille dans un abattoir ; absent à lui-même, l’épuisement et le manque d’argent rendent les relations avec sa femme et sa fille difficiles. Tourné en un an, les week-ends, avec un budget réduit (moins de 10 000$) et des acteurs non-professionnels, le film est notamment remarquable par sa magnifique bande-son (vous aurez longtemps en tête This Bitter Earth par Dinah Washington).

On retrouve dans Bless Their Little Hearts Kaycee Moore (1944-2021), l’actrice qui joue la femme de Stan dans Killer of Sheep (et qui joue aussi dans Daughters of the Dust). Le scénario est signé Charles Burnett, qui tient également la caméra. Il s’agit du premier long métrage de Billy Woodberry (né en 1950 au Texas), formé à UCLA. Il témoigne à son tour des inégalités et des difficultés des afro-américains par l’observation du quotidien et de l’intimité d’une famille confrontée au chômage et à la trahison.

La restauration et la remise en circulation de ces films a permis de les inscrire au panthéon du cinéma américain.



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