De Douglas Sirk à Wong Kar-wai, cette soirée explore deux histoires d’amour contrariées par les conventions sociales, les circonstances et les non-dits. Dans Tout ce que le ciel permet, l’amour entre une veuve et son jeune jardinier se heurte aux préjugés d’une société attachée aux apparences. Dans In the Mood for Love, deux voisins, blessés par l’infidélité de leurs conjoints, se rapprochent sans parvenir à vivre pleinement leur amour.
18h15 : Tout ce que le ciel permet
(Douglas Sirk, USA, 1955, 87', DCP)
Alors que Cary (Jane Wyman) aspire à refaire sa vie avec Ron (Rock Hudson) son jeune jardinier. Ses enfants, soucieux de préserver leur position sociale, désapprouvent cette liaison et poussent leur mère à renoncer à son bonheur. Partagée entre son désir d’émancipation et la peur du jugement des autres, Cary finit par se séparer de Ron. Dans cette histoire d’amour contrariée, Douglas Sirk dénonce le conformisme de la société américaine des années 1950. Derrière l’apparente perfection des maisons et des jardins de banlieue se dessine un monde étouffant, où les conventions prennent le pas sur les sentiments. Les couleurs éclatantes, les décors soignés et les cadrages expressifs soulignent le contraste entre cette société brillante en surface et la solitude de ceux qui cherchent à s’en affranchir.
20h45 : In the Mood for Love
(Wong Kar-wai, Hong-Kong, 2000, 98', DCP)
In the Mood for Love raconte la rencontre de deux voisins, Su Li-zhen (Maggie Gheung) et Chow Mo-wan (Tony Leung Chiu-wai), qui emménagent le même jour dans des appartements voisins à Hong Kong, en 1962. Peu à peu, ils découvrent que leurs conjoints respectifs entretiennent une liaison. Malgré la douleur de cette révélation, ils se rapprochent et tentent de comprendre comment cette relation a pu naître. Une intimité profonde se noue entre eux, mais tous deux refusent de reproduire l'infidélité dont ils ont été victimes. Leur amour demeure alors contenu, fait de rendez-vous discrets, de silences et de gestes retenus. Par sa mise en scène raffinée, ses couleurs intenses, et sa musique mélancolique, Wong Kar-wai compose un film sur l'amour impossible.