18h15 : Panique
(Julien Duvivier, France, 1946, 98’, DCP)
20h45 : Monsieur Klein
(Joseph Losey, France-Italie, 1976, 123’, DCP)
En juin 2026, le Musée de Bretagne inaugurera une nouvelle exposition consacrée à l’Affaire Dreyfus, dont le procès en révision s’est tenu à Rennes en août 1899. Nous avons souhaité accompagner cette exposition par une programmation autour de la longue histoire de l’antisémitisme en France, avec au centre la figure du juif comme bouc émissaire.
1946, Julien Duvivier revient de son exil hollywoodien et retrouve la France dans un climat délétère d’après-guerre, marqué par le désastre de la collaboration, des politiques anti-juives et des déportations, tout comme par l’épuration en cours. Sa première production est une adaptation libre du roman noir Les Fiançailles de M. Hire de Georges Simenon (1932). M. Hire, diminutif de Hirovitch, interprété par Michel Simon, représente plus ou moins implicitement le juif bouc émissaire, l’Autre qu’il faut exclure de la communauté et punir. Film policier, film de lynchage, Panique est d’une très grande noirceur et sans concession sur la France de 1946.
1976, Alain Delon apporte à Joseph Losey un projet qu’il co-produit et interprète : Monsieur Klein. C’est un rôle inhabituel pour la star : Robert Klein est un marchand d’art opportuniste, qui en pleine Occupation profite de la détresse des Juifs cherchant à vendre leurs œuvres d’art. Jusqu’au jour où il découvre qu’il a un homonyme juif, et que l’administration va les confondre. Cette descente aux enfers le mènera jusqu’à la rafle du Vél d’Hiv. Le film est sombre et pose un regard impitoyable sur la politique antisémite de Vichy...