Date de publication
26 janvier 2023
modifié le

Enseigner au Nouveau-Mexique, une expérience exceptionnelle 

Léa Briere effectue actuellement sa deuxième année en tant que Graduate Teaching Assistant aux États-Unis grâce à un accord spécial signé entre Rennes 2 et l'Université de New Mexico (UNM). Ce poste rémunéré lui permet de s'inscrire en master avec des frais de scolarité pleinement pris en charge tout en profitant de l'expérience du Sud-Ouest américain. 

Image
Léa Briere

Qu'est-ce qui vous a motivé à candidater au poste d’assistant·e professeur·e (Graduate Teaching Assistant) ?

Après avoir terminé mon master à Rennes 2, j’avais encore besoin de prendre confiance en mes capacités de recherche. Je n'étais pas sûre non plus de ce que je voulais faire ensuite, alors partir deux ans aux États-Unis m'a semblé être un bon moyen de développer mes compétences, tout en me laissant le temps de réfléchir à mon avenir.

Comment s'est déroulée l'épreuve de sélection ?

La sélection se fait en deux parties. Une première partie avec un dossier et un entretien à Rennes 2, puis lorsque j’ai été sélectionnée par l’Université Rennes 2, j’ai dû passer le TOEFL et remplir un dossier de candidature à envoyer à UNM. 

Comment s'est passée votre arrivée à Albuquerque ? Comment avez-vous été accueillie ?

Je suis arrivée à Albuquerque quelques jours avant de commencer la semaine d’orientation des assistant·e·s professeur·e·s. Il existe ici des associations pour les étudiant·e·s étranger·ère·s qui sont très accueillantes et j’ai donc été logée pendant les 10 premiers jours par un couple de retraité·e·s qui m’a fait visiter les environs et m’a aidée à m’installer dans mon logement. J’étais d’abord logée dans une maison partagée dans un quartier privatisé mais j’ai dû déménager à la fin de la première année à cause du manque de transport en commun depuis la maison jusqu’à la fac, ce qui rendait mes déplacements très difficiles. Il est assez difficile de trouver un logement à Albuquerque en ce moment à cause d’une crise du logement depuis la COVID, mais les associations étudiantes peuvent nous aider et nous mettre en contact avec des propriétaires.

Avez-vous trouvé facile de vous intégrer ?

Grâce à l’association pour les étudiant·e·s étranger·ère·s, j’ai pu rencontrer très rapidement plein d’étudiant·e·s internationaux·les. Il était également facile pour moi de m’intégrer à l’équipe pédagogique des assistant·e·s professeur·e·s puisque l’on a eu une semaine d’orientation ensemble et que l’on avait parfois cours ensemble. 

Dans quel parcours êtes-vous inscrite ? Comment se déroulent les cours ?

Je suis inscrite dans le master de Littérature comparée et études culturelles. Les cours demandent beaucoup de travail personnel ; il s’agit en moyenne d’un roman à lire par semaine et par cours en plus de lectures théoriques, soit en moyenne 200 pages à lire par semaine et par cours. Cela peut vite devenir compliqué, et il faut savoir rester motivé·e et constant·e dans son travail pour ne pas se laisser submerger. Mais les professeur·e·s sont souvent plus à l’écoute que ce à quoi nous sommes habitué·e·s en France, et font tout pour nous aider à réussir.

Vous travaillez aussi pour l'université. Quelles sont vos missions de "Graduate Assistant" ?

En tant que « Graduate Assistant » je prépare, j’enseigne et je note deux cours de français. Pour chaque classe, il faut enseigner trois cours de 50 minutes par semaine. La première année nous avions une coordinatrice qui aidait beaucoup lorsque nous avions des soucis ou des questions pédagogiques. Mais elle est partie à la retraite et depuis, une nouvelle tâche s’est ajoutée à mon rôle de Graduate Assistant puisqu’on nous demande d’orienter et d’aider les étudiant·e·s professeur·e·s nouvellement arrivé·e·s. Je m’occupe également de l’organisation et du bon fonctionnement du club de français mais c’est une option que les étudiant·e·s professeur·e·s peuvent choisir de faire ou non.

Qu'est-ce que cette expérience à l'étranger vous a apporté ?

Je me sens beaucoup plus confiante dans mes capacités à enseigner l’anglais. J’ai également pu explorer différentes pédagogies et me réconforter dans ma volonté de faire de l’enseignement ma profession. 

Quelles sont les différences principales que vous avez observées entre le système américain et le système français ?

Étudier aux États-Unis est complètement différent que d’étudier en France. Le système français s’appuie plus sur la capacité de l’étudiant·e à se motiver et à faire les choses par lui-même ou elle-même. Cela permet de gagner une plus grande autonomie de travail, et une capacité à se remettre en question. Dans le système américain, les professeur·e·s notent la présence et la participation durant tout le semestre et il n’y a pas un seul projet final mais plusieurs projets et présentations pendant le semestre. Comme je l’ai dit avant, le système américain demande également beaucoup plus de rigueur dans le travail personnel car on nous demande d’ingérer une quantité impressionnante d’informations en très peu de temps. Cela signifie que mon master américain m’a donné des connaissances théoriques que je n’avais pas, tandis que mon master français m’a donné les clefs pour analyser les choses en profondeur. Ce sont deux systèmes complètement différents mais qui se complètent bien. 

La relation avec les professeur·e·s et les élèves est également très différente aux États-Unis puisque l’on interagit beaucoup plus et de façon beaucoup plus décontractée avec les professeur·e·s américain·e·s. 

Avant de partir,  je pense qu'il est important de se renseigner aussi sur la façon dont vivent les habitant·e·s, en dehors des études. Par exemple, une chose qui m'a surprise, c'est le niveau de violence à Albuquerque, notamment liée aux armes à feu. C'est important d'en avoir conscience pour se préparer mentalement et prendre les précautions nécessaires une fois sur place.

Avez-vous eu l'occasion de voyager à travers les États-Unis pendant ces deux ans ?

Oui, j’ai eu l’occasion de faire plusieurs road trips pendant ces deux ans ; j’ai donc visité le Colorado, l’Arizona, le Texas, la Louisiane, l’Arkansas, le Mississippi, la Californie et bien entendu le Nouveau Mexique. J’ai également fait une conférence à Philadelphia et visité Chicago. Puisque nous sommes très proches de la frontière, j’ai également profité d’être ici pour aller au Mexique. 

Qu'est-ce que vous conseilleriez à un·e étudiant·e qui hésiterait encore à candidater ?

C’est une expérience très enrichissante, qui ouvre à de belles rencontres, à une découverte de soi et de nouvelles cultures tout en développant son savoir et en donnant une expérience de l’enseignement au niveau universitaire. Si vous avez envie d’aventures c’est également un bon endroit car le Nouveau-Mexique est connu pour ses paysages incroyables. C’est également possible, comme je l’ai fait, de faire des voyages dans les états limitrophes et de voir ce que les États Unis ont de plus beau à offrir. Il y a énormément d’avantages à tenter ce programme, et l’on peut s’y enrichir professionnellement et personnellement. Cependant il est important de garder en tête que cela demande beaucoup de rigueur dans le travail personnel, que cela peut être une source de stress rapidement et qu’il faut donc être prêt à passer deux ans à travailler presque continuellement.  

L'ouverture des candidatures d'assistant·e·s d'enseignement à l'Université du Nouveau-Mexique ouvre officiellement au début du semestre 1 de 2024, avec des réunions d'information en octobre. Les candidatures seront examinées et les entretiens auront lieu en novembre/décembre 2024 à Rennes 2, pour un départ en août 2025.