Date de publication
28 août 2025
modifié le

Dynega : les égalités à travers les dynamiques associatives du quartier Villejean

Lauréat en 2024-2025 de l’appel TISSAGE (TrIptyque Science Société pour Agir Ensemble), le projet de recherche "Dynega" se penche sur différentes formes d’inégalités vécues par les habitantes et habitants du quartier Villejean à Rennes.

l'équipe du projet Dynega

Qu'est-ce que le projet Dynega ?

Le projet Dynega vise à engager une recherche relative à différentes formes d’inégalités vécues par les habitantes et habitants du quartier Villejean à Rennes, dans une perspective de développement social territorial. Il s’agit d’une recherche-action participative combinant les savoirs et compétences de cinq chercheuses et chercheurs de l’Université Rennes 2, des professionnelles et professionnels de deux associations du quartier dont la mission est de soutenir les initiatives et projets des habitantes et habitants, ainsi que des habitantes et habitants mobilisés dans des collectifs luttant contre des inégalités de différents types (inégalités femmes-hommes, discriminations raciales ou ethniques, inégalités socio-économiques génératrices de pauvreté et de précarité, etc.).  

Pouvez-vous nous décrire en quelques lignes les différents partenaires impliqués dans le projet et leur activité au sein du projet ?

4 types de partenaires sont impliqués dans la recherche : 

  1. L’équipe de recherche universitaire coordonne le projet de recherche-action participative, et notamment tout ce qui relève de la problématisation, de l’enquête et de l’analyse des matériaux ; elle assure l’encadrement académique des étudiants impliqués dans le projet ; elle s’est constituée par cooptation entre cinq enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs, et chercheuses et chercheurs qui se connaissent et relèvent de deux laboratoires de l’Université Rennes 2 : Yves Bonny (Mcf. en sociologie), Benoît Feildel (Mcf. en aménagement de l’espace et urbanisme), Anne Le Bris (Mcf. en sociologie), Fanny Jedlicki (Mcf. en sociologie), Marie-Anaïs Le Breton (post-doctorante, aménagement et urbanisme). Ils et elles ont développé des connaissances et des compétences sur plusieurs types d’inégalités, en particulier les inégalités socio-économiques, les inégalités territoriales, les inégalités femmes-hommes et les discriminations ethno-raciales. Ils ont également pour plusieurs d’entre eux une expertise en matière de démocratie participative ou de recherche participative ainsi que de développement social territorial.
  2. L’équipe de Rencontre et Culture et celle d’ESS Cargo & Cie assurent la liaison avec les collectifs d’habitantes et d'habitants et participent au Laboratoire de croisement des savoirs et à la définition et la mise en œuvre des pistes d’action.
  3. Les habitantes et habitants membres de collectifs et associations impliqués dans la promotion des égalités sur différents registres participent au Laboratoire de croisement des savoirs et à la définition et la mise en œuvre des pistes d’action.
  4. Les élues, élus, techniciennes et techniciens des collectivités territoriales et/ou de l’Etat déconcentré sont associés au projet lors de rencontres régulières. 

Un comité de pilotage paritaire comprenant les chercheurs, des professionnels des deux associations partenaires et des habitants représentatifs du quartier assurera la gouvernance du projet. L’une des dimensions de la gouvernance consistera à produire un rapport d’analyse et de synthèse du dispositif expérimental du Laboratoire de croisement des savoirs en vue d’une possible duplication sur d’autres territoires, dans l’esprit des rapports de synthèse produits par l’incubateur universitaire Paroles d'excluEs.

Quelles sont les différentes étapes du projet, et où en êtes-vous aujourd'hui ?

L’émergence d’un tel projet implique de faire collectif ensemble et d’élaborer une culture commune significative entre les partenaires mais aussi pour chaque catégorie de partenaires en amont du projet. 

Pour ce faire, les différents porteurs du projet Dynega, issus de deux laboratoires universitaires et de deux associations du quartier, se sont rencontrés très régulièrement depuis un an et demi, à raison d’une demi-journée par mois. 

Ces réunions ont permis de dégager la thématique des égalités comme faisant sens à la fois pour les deux associations, pour les chercheuses et chercheurs, et du point de vue des pouvoirs publics qui seront sollicités dans le cadre du volet action du projet, étant donné que cette thématique fait partie des axes de la Charte territoriale de cohésion sociale relative au quartier Villejean et que les deux associations partenaires en font une dimension importante de leur projet associatif respectif. 

Ces réunions ont également permis de clarifier l’entrée choisie pour aborder cette thématique, à savoir les collectifs et associations d’habitant.e.s ou étudiant.e.s qui développent des actions collectives se rapportant à cette thématique. Elles ont aussi permis aux différentes participantes et participants (noyau de cinq chercheuses et chercheurs et de cinq professionnelles et professionnels) de s’approprier la notion de recherche-action participative, d’en comparer plusieurs formes et de se positionner autour d’un modèle s’inspirant centralement du Laboratoire de croisement des savoirs mis sur pied dans le cadre de l’incubateur universitaire Parole d’excluEs au Québec.

Enfin, ces réunions ont débouché sur la production conjointe d’une charte de fonctionnement du collectif DYNEGA, qui comprend trois volets principaux : une clarification des intérêts et enjeux pour chacun.e des partenaires, un énoncé de valeurs et de principes d’action partagés et une formalisation des instances de gouvernance. 

 

Sur la base du collectif de recherche-action mis en place entre les trois partenaires qui portent le projet, la prochaine étape de la démarche va consister à mettre en place un espace collaboratif conjoint entre chercheuses et chercheurs universitaires, professionnelles et professionnels des deux associations partenaires et représentants des habitantes et habitants ou étudiantes et étudiants des collectifs du quartier impliqués dans la lutte contre les inégalités et les discriminations de différents types. À cet effet, une première rencontre se déroule très prochainement dans une perspective d’interconnaissance et de présentation du projet. Le projet Dynega, que nous comptons poursuivre grâce au soutien de la Région Bretagne, jusque fin 2027 a un caractère expérimental. Il appelle une grande souplesse dans ses modalités de mise en œuvre, étant donné que l’équipe partenariale qui porte le projet ne peut connaître à l’avance la réceptivité des habitantes et habitants, et étudiantes et étudiants contactés à la proposition de participer à l’espace collaboratif et de s’y inscrire dans une certaine durée. Nous envisageons à ce stade de constituer un collectif stable de recherche-action impliquant un engagement individuel sur une durée minimale d’une année. Mais nous envisageons également d’autres modalités de collaboration et d’autres types d’initiatives : des assemblées citoyennes, des présences sur les lieux publics, des apports universitaires spécifiques en réponse à des demandes ou à des manques ressentis, des conférences publiques, des cafés-citoyens, etc. L’enjeu étant de co-construire la recherche-action tout au long de son déroulement, nous ne pouvons à ce stade aller au-delà de ces idées, qui seront nécessairement appelées à être reformulées et précisées.

 

Le projet TISSAGE a pour objectif de favoriser les rencontres entre les citoyennes et citoyens, les chercheuses et chercheurs, et les décideuses et décideurs. Quel est l'impact souhaité du projet pour la société civile ?

La recherche en commun inscrira d’emblée dans la dynamique participative une finalité de transformation sur le territoire, en particulier sous la forme de pistes concrètes de lutte contre les inégalités. Celles-ci pourront être mises en œuvre de façon autonome par les collectifs d’habitantes et d'habitants, avec le soutien des deux associations partenaires du projet et des chercheuses et chercheurs, ou si elles impliquent la mobilisation de l’action publique aboutir à une démarche d’interpellation et d’échange avec les différentes collectivités territoriales concernées par la vie du quartier (Ville de Rennes, Rennes Métropole, département d’Ille et Vilaine), ainsi qu’avec les services déconcentrés de l’État (en particulier sous l’angle de la politique de la ville).

En quoi ce projet est-il innovant ?

Le caractère innovant du projet consiste à mettre en place une dynamique de développement social territorial sur la base d’une mise en recherche conjointe entre universitaires, professionnelles et professionnels du champ de l’animation socioculturelle et de l’accompagnement d’initiatives et de projets d’habitantes et habitants impliqués dans des actions collectives. Une dynamique qui appellera également des rencontres avec les élues, élus et techniciennes et techniciens des collectivités territoriales ou de l’Etat déconcentré afin de voir quelles peuvent être les retombées de la recherche au niveau des politiques et actions publiques. Ce faisant, une autre dimension innovante du projet consiste à mettre les ressources d’une université au service des acteurs de son territoire d’implantation sur un mode intégré : l’objectif étant en particulier de solliciter, outre les cinq chercheuses et chercheurs directement impliqués, des étudiantes et étudiants, des services (comme le service culturel, déjà actif sur le quartier, ou le service communication), des tiers lieux comme l’Edulab, etc.

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